Eglise locale

Liturgie du fanatisme

fanatisme n.m. Dévouement absolu et exclusif à une cause qui pousse à l’intolérance religieuse ou politique et conduit à des actes de violence. Un des symptômes en est l’impossibilité, pour un fanatique, de changer d’avis et de changer de sujet. Faites le test. Parmi vos amis vous connaissez certainement quelqu’un que vous appréciez mais qui professe toujours les mêmes vérités, vous verrez. Cependant, pour les vérités dites « scientifiques », la démarche est plus subtile. Mais c’est également de l’intégrisme car dans ce cas, nous refusons à l’autre le droit de rester dans l’erreur. Même lorsque les mauvais choix de nos proches nous arrachent le cœur ?

Difficile mais le droit reste entier de défendre des valeurs qui nous sont chères. Comme toujours la solution est dans la mesure. Au fond, cela est une question de valeurs et de principes : l’enjeu initial de la discussion est-il plus important que le lien qui nous unit à cette personne ? C’est cette question qu’il faut garder en tête lors des discussions endiablées, et la réponse doit nous permettre parfois de relever la tête et de dire stop, de décider d’arrêter la discussion pour que chacun reste avec son avis, persuadé de laisser l’autre dans l’erreur.

Dans nos sociétés, un des intégrismes en vogue est provoqué par les désordres dans la relation à notre environnement. Il s’agit du fanatisme de l’assiette, en d’autres mots de ce que nous mangeons. Manger moins de viande pour économiser sur la nourriture des élevages alors que les protéines de remplacement viennent de l’autre bout du monde. Transformer les pays émergeant en prochains pays développés car possesseur des matières premières alors que les finances sont également en main de l’autre bout du monde.

De plus, ne se focaliser que sur les soixante dernières années de notre histoire alors que l’occident peinait à nourrir sa population pendant près de deux millénaires. Remettre à la mode le jeûne alors que pendant des siècles il était le bienvenu, le mois de février voyant la fin des réserves de nourriture. Tout cela n’est, comme toujours, ni blanc, ni noir ; et dépendra essentiellement de notre attitude face à ces nouveaux fanatismes.

Fanatismes issus de préceptes des religions ou de convictions profondes, il nous faut les combattre afin de jeter les bases d’une alimentation respectueuse à la fois de notre histoire et de notre spiritualité. Sans oublier des réflexions à plus long terme : que l’humanité courre à la catastrophe n’est pas un scoop. C’est le cas depuis des millénaires. Et des vraies catastrophes, la terre en a déjà supportées. Noé, les dinosaures, les météorites pour panacher les sources. Mais comment prétendre sauver la planète en nous sauvant nous-mêmes ? C’est à tout le moins gravement prétentieux. Il ne s’agit pas de ne rien faire, mais de le faire avec une certaine humilité.

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