12 mars 2020

Il souffle où il veut

Aucune entité n’a eu au cours des siècles autant de noms, autant de désignations. Esprit de lumière, sagesse divine, Saint Esprit, défenseur ne sont que quelques-unes des appellations utilisées pour le décrire. Et pour cause, c’est avec la Trinité, le mystère le plus profond de nos religions chrétiennes. Comment parler d’esprit, comment décrire l’intelligence, par quoi illustrer la sagesse ? Ce sont des concepts ma fois très abstraits …

Pourtant les évangiles sont beaucoup plus pédagogues que tous nos docteurs réunis. Il est défense (Jn 14, 15)[1], connaissance (Ac 2, 4)[2], sagesse (Ac 2, 16-17)[3] et consolation (1Ro 8, 2)[4]. Autant d’attributs pour une même essence, cela est presque trop beau. Trop ? Ne faites l’impasse sur aucune de ces propriétés car nous allons avoir besoin de tout. Dans nos sociétés en crise, aussi bien au niveau environnemental que spirituel, divisées par des schismes que notre humanité a elle-même construit, nous sommes effectivement capables du meilleur comme du pire. Le pire constitué par nos dérives en termes de consommation : vider les étalages par peur du manque c’est n’avoir aucun respect quant aux besoins de l’autre. Quant au meilleur, chacun de nous garde en mémoire cet instant d’une luminosité indicible par laquelle Dieu esprit s’est adressé à nous à travers un proche ou un inconnu. C’est vrai qu’il faut rendre grâce à Dieu pour cela, mais il ne l’aurait pas fait sans l’accord du messager. Un message incarné, nous en avons tous reçu. Mais retour sur les attributs de cet Esprit.

Commençons par notre défense : il nous faut un avocat auprès du Père pour tous les péchés contre l’Esprit que nous avons commis. Que la réforme soit un grave péché contre l’unité ne peut être nié, mais pas plus que les excès de l’Eglise dite catholique en son temps. Preuve d’amour s’il en fallait encore, l’Esprit, notre victime, sera malgré tout notre défenseur.

Connaissance et sagesse ne font, eux, pas toujours bon ménage, et pourtant, l’une n’existe pas sans l’autre. La foi, don de Dieu, est à la sagesse ce que le prosélytisme est à la dictature, sa fondation. Une clé de lecture pour l’une, alors que l’autre n’est qu’une des nombreuses manifestations de pouvoir. Et elles sont accueillies aussi bien par le charbonnier que par l’exégète, et dans leur complémentarité (« Il vit et il crut » Jn 20, 8).

Quant à la consolation, demandez voir aux chrétiens persécutés comment ils tiennent le coup. C’est le même Esprit, la même consolation qui nous permet de supporter nos moments pénibles, à la différence près que nous n’y prêtons plus attention …


[1] je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet

[2] Et ils furent tous remplis de l’Esprit saint, et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer.

[3] Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes.

[4]  La loi de l’Esprit qui donne vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort

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