10 septembre 2020

Juste choisi, déjà jeté

Quelle superbe révolution technologique que la voiture électrique. C’était un must, la solution à tous nos problèmes, et gare à vous si vous ne partagiez pas cet enthousiasme. Seulement quelques années après l’industrialisation de cette découverte, elle est déjà remise en cause. D’ailleurs pour les mêmes raisons non durables qui secouent notre économie. Travail des enfants, mines et pays producteurs surexploité, bilan carbone déplorable. C’est ce que certains scientifiques ont soupçonné dès le départ. Soupçonné ? Un chercheur ? On ne lui a pas laissé le temps.

Avons-nous agi dans la précipitation ? C’est certain. Qu’avons-nous gagné ? Un bilan carbone plus favorable ? Même pas sûr. Il nous a manqué la sagesse qui tempère la vitalité de la jeunesse. Et dans ce cas de figure, nous avons peut-être manqué des opportunités de faire d’autres découvertes. Rien ne sert de courir il faut partir à point.

Mais au fait patienter nous aurait-il sauvé, ou à tout le moins épargné ? Pas sûr du tout. L’industrie automobile, sans la pression qui lui a été ajoutée par des entités comme Tesla, n’aurait pas levé le petit doigt. Celle-ci, un peu comme la finance en 2008, ne s’est pas montrée capable d’autorégulation. C’est peut-être le début d’une réflexion en profondeur sur le rôle des états. Réflexion nécessaire s’il en est, car les opinions ne sont nulle part aussi virulentes que sur ce sujet. Laisser faire  n’est pas une solution. Nous l’avons déjà dit l’autorégulation ne fonctionne pas. Faire n’est pas non plus idéal, les états ayant moult fois prouvé, comment dire, une certaine inefficacité rapport au privé.

Outre les tâches régaliennes, un état se devrait d’ établir les règles et d’organiser les contrôles pour pallier au manque d’autorégulation patent des différents secteurs économiques. Mais est-ce compatible avec la démocratie ? Si l’on part du principe qu’il faut plaire pour être élu, alors non. Et le contraire demande au citoyen une maturité qu’il a perdue.

Les trente glorieuses y sont pour quelque chose. Les « succès » sociaux et libéraux nous ont éloignés de nos responsabilités.

A ce stade j’ai déjà perdu la moitié de mon auditoire (si ce n’est plus mais là ce ne serait pas voulu). Ces gens pour qui le port du masque est déjà une atteinte à la liberté. Cela pour une bonne partie d’entre eux. Pour l’autre quart, ce sont ces personnes qui demandent à l’état des repères pour tout : manger, dormir, prier,…

La dystopie de mon état ne va pas si loin. Elle s’arrête au centre comme on dit. Assez proche de notre idéal de gouvernement en Europe. Idéal car un certain nombre de travers l’entache : clientélisme, lobbying déséquilibré et pertes de responsabilités sociales.

Pour en revenir à la voiture électrique, qu’aurions-nous dû faire ? Lutter contre l’immobilisme des « carmakers » comme la Suisse l’a déjà fait dans les années septante (rappelez vous le catalyseur). Et dans ce domaine une Greta Thunberg aurait été d’une grande aide. Ouvrir le dialogue entre chercheurs et écologistes pour déterminer les pistes à suivre.

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