23 juin 2020

De la richesse de la différence

« Avec la présence de la beauté, tout d’un coup on a compris que l’univers vivant n’est pas une énorme entité neutre, indifférenciée mais qu’il est mû par une intentionnalité qui nous sollicite au cœur de notre intimité. »[1] Cette citation nous emmène directement au centre du mystère de la beauté. Et que celle-ci ne peut exister que dans la différence. Entre beau et laid, entre grand et petit, entre homme et femme. Pourquoi alors se battre pour une égalité de genres qui ne mènerait après tout qu’à une monotonie bien triste ? Parce que nous ne sommes pas capables de mettre un prix sur ces différences.

Pas besoin de mentionner la sensibilité, la féminité, la fertilité car elles sont censurées par une moitié de la population et niées par l’autre. C’est beaucoup plus compliqué que de réclamer la part du voisin, de vouloir faire comme si, parce que tout le monde le fait. Mariage pour tous, égalité des sexes sont autant d’exemples qui participent à ce floutage. Ne vous méprenez pas sur mes opinions : je n’ai jamais supporté l’injustice, quelle qu’elle soit. Sexisme, sectarisme et racisme sont pour moi les des plaies purulentes. Mais je suis persuadé que la Justice ne peut se trouver dans un lissage complet des différences. Elle se trouverait plutôt dans une valorisation équitable et durable de celles-ci. En suivant cette piste, nous serions beaucoup plus proche de cette intentionnalité mentionnée par François Cheng.

Concrètement, que faudrait-il « changer » dans l’église pour adhérer au plus près à cette fameuse beauté ? Dans un premier temps, évitez les solutions qui se sont avérées inefficaces tentées par d’autres. Le mariage des pasteurs a résolu un certain nombre de problèmes, mais en a créé tout autant. Baisse de disponibilité, introduction des soucis de la vie privée, là où la communauté devrait être prioritaire, rien n’ayant été résolu en termes de vocations. Des exemples originaux existent pourtant dans notre quotidien, mais il faut creuser pour les faire apparaitre, ces solutions étant l’œuvre de l’humilité de certains chrétiens. Ici une responsable d’unité pastorale, là une présidente de la RKZ, là-bas une membre de l’équipe pastorale. Elles ne sont pas à ces postes parce qu’elles sont femmes, mais parce qu’elles sont compétentes et complémentaires. Une richesse dans la différence. Un.e incompétent.e n’apporterait pas cette richesse. Mais les esprits bougent lentement, trop lentement diront certains. Des clashs comme l’excommunication de femmes nommées prêtres n’aident pas non plus. Une solution pour diminuer les abus ? Certainement.


[1] François Cheng, écrivain, poète et calligraphe chinois, membre de l’Académie française depuis 2002

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