Commentaires bibliques

Joseph le Rassembleur

Formée par les mots grec ἔτυμov (vrai sens) et λόγος (raison), l’étymologie pourrait nous aider à découvrir l’origine du nom de Joseph. Et comme toujours dans les Écritures, chaque mot est pesé et recèle des trésors.

Joseph est donc un nom qui vient de l’hébreu yôsefyah qui signifie « Yaveh ajoute » et le verbe dont il est issu, yacaph, veut dire augmenter, faire de nouveau, encore, joindre, se joindre à. Dieu ajoute, augmente, mais quoi ? Là les usages varient tout au long des Écritures.

Quelques exemples significatifs :

  • « Dans la suite (yacaph), elle mit au monde Abel, frère de Caïn. Abel devint berger, et Caïn cultivait la terre. » (Gn 4:2) « Dans la suite » signifiant ici « encore un fils » ;
  • Rachel, épouse de Jacob, invoque Dieu après une longue stérilité (cf.Gn 30:22). Dans la liste des fils de Jacob, Joseph fut le premier fils de Rachel, qui, elle, déclara : « Que Dieu me donne un autre fils (Gn 30:24) » ;
  • « Alors s’élèvera, dans tout le pays d’Égypte, une immense clameur, comme il n’y en eut jamais auparavant, et comme il n’y en aura plus jamais. » (Ex 11:6) « Plus jamais » est la traduction de la négation de « plus grand » ;
  • « Cependant le juste tient ferme son chemin, et celui qui a les mains pures redouble d’efforts. » (Jb 17:9) « Redouble » remplaçe ici « augmente encore »

L’histoire étymologique de Joseph s’arrête à l’Ancien testament, le nouveau ayant été écrit en grec. Et dans les évangiles, le nom de Joseph est simplement translitérré par Ioses ou Ioseph. Comme pour Jésus, les « J » sont remplacés par des « I » aussi bien en grec qu’en latin. Mais pourquoi le grec ? C’était la langue de la culture à cette époque, même pour les Romains. D’ailleurs les empereurs eux-mêmes se faisaient un devoir de parler grec, la langue de la philosophie, de la médecine, de la science en général. Et Joseph, époux de Marie, fait très bien la liaison entre Anciennes et Nouvelles écritures. De par l’étymologie de son nom, mais aussi par son attitude et sa position. Il est le rassembleur, celui qui ajoute à notre foi, celui qui fait, celui qui est. En fait, notre intelligence s’accommode très bien de notre foi. Ces féminins s’accordent parfaitement entre eux.

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