16 avril 2022

C’est l’intention qui compte

Nous sommes peut-être manipulés, mais par qui ? Et pour quoi ? D’un côté se trouve les factuels qui basent effectivement toute leur réflexion sur des faits prouvés. De l’autre ceux que j’appellerais les juges d’intention. « Nous avions des fusils, mais c’était uniquement pour tirer en l’air » est le genre d’arguments utilisés par ces « juges ». Alors que l’autre partie déclare 100 morts par balle lors de cette même manifestation. Ce ne sont pas les porteurs de fusils les coupables, puisqu’ils le proclament. Comme ce n’est pas une guerre, mais une opération militaire spéciale, tout simplement parce qu’il le déclare.

Ce travers n’est pas nouveau, ni relatif à une certaine géographie. J’en veux pour preuve la précédente élection présidentielle américaine. Je ne remets pas en cause l’idée que Trump ait été trompé, je me base sur le fait que les prétendues preuves n’en étaient pas. Ais-je tort ? Suis-je naïf ? Peut-être, mais alors prouvez-le. J’en ai assez des « on vous trompe », des « vous êtes manipulés », des « propagandes » qui vous sont assénés à longueur de journée, basées sur des raisonnements qui n’en peuvent plus d’être bricolés, falsifiés, renversés. Un exemple ? L’accusation qu’un des belligérants ait également commis des crimes de guerre. Une telle affirmation ne peut pas laisser indifférent, c’est clair. Mais pourquoi ne pas faire confiance aux instances juridiques nationales ou même internationales (TPI, ONU, etc.), qui ont probablement ouvert une enquête à ce propos. Ils sont tous pourris ? Encore un procès d’intention. Ce qui n’est pas acceptable n’est pas d’assurer qu’« ils sont tous pourris », mais de le faire sans preuve. Pas par des raisonnements alambiqués, mais par des faits. Un tel a reçu des pots-de-vin ? Bien, mais combien, de qui, comment et où ? Le reste n’est que diatribe stérile qui mène parfois à du complotisme …

Et en guerre, comment fait-on pour rendre compte de l’exactitude des propagandes ? Car dans ce contexte, tout n’est que … propagande. En période de crise il est effectivement beaucoup plus difficile de vérifier des chiffres, des assertions, des positions, les faits étant tellement plus volatiles et, par la force des choses, pas souvent contrôlés. En outre, vous êtes forcément plus sensible à une certaine version de l’histoire, par votre culture, votre éducation et vos sympathies. Dans ces conditions, je vous propose la démarche suivante : si votre vérité est soit blanche, soit noire, alors elle n’est pas vérité. En effet, les qualités et les défauts sont des données tellement bien partagées à tout le genre humain que je ne pourrais pas toujours ne faire que le bien, ou que le mal. Déjà une première piste.

Vous en voulez une autre ? Je vous préviens, elle est plus chronophage. Il s’agit de vérifier les sources. Jusqu’au bout ? Pas toujours possible, comme déjà mentionné. Mais cette démarche, celle de la vérification, doit être rendu possible. Je n’ai pas dit facile, j’ai dit possible. Comme un documentaire. Si une autorité quelconque me met des bâtons dans les roues lors de cette recherche, c’est que je touche l’endroit où cela fait mal. Et ceci quelle que soit cette autorité, de nature public ou privée. Que cette influence soit juridique ou pécuniaire. Pour éviter un déballage public de linge sale, certains oligarques (eh oui, il en existe aussi chez nous) vont m’intentez un procès, sachant pertinemment que je n’aurais pas les moyens financiers de me défendre.

Mais en théorie j’ai le droit de m’exprimer, et l’institution publique le devoir de me soutenir. C’est quand même mieux que de ne pas du tout pouvoir s’exprimer contre le système. Appelons un chat un chat : dans un cas il s’agit des travers qu’une démocratie doit encore et toujours éviter, dans l’autre il ne s’agit carrément plus d’une démocratie.  Là où les procès d’intention ont une fâcheuse tendance à se transformer en condamnations …

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