9 janvier 2021

Vert, pas partout

Les temps sont aujourd’hui propices à la reconsidération de notre patrimoine environnemental. Un retour nécessaire à la nature a sonné le glas de nos excès. Nous ne pouvons pas continuer à détruire notre environnement sans en subir les conséquences, et, peut-être, d’agir pour corriger le tir. Mais sommes-nous cohérent de ce point de vue ? Faisons-nous tout ce que la nature nous demande de faire ? Mieux, sommes-nous en accord avec ce que la nature a instauré ? Et ce dans tous les domaines ? Pas si sûr.

Le mariage pour tous, par exemple. Non pas en tant que protection des conjoints à charge que dans la revendication du droit à l’enfant. Il s’agit ici essentiellement du droit à la GPA (gestation pour autrui) ou à la PMA (procréation médicalement assistée), l’adoption ne suivant pas du tout les mêmes règles, étant beaucoup plus proche de ce qu’on peut observer dans le règne animal. Pour rebondir sur ce que prétendent les aficionados de ces « grossesses », les animaux ont effectivement aussi ce genre de comportement. Certes le don d’amour est probablement sincère. Mais comparer l’homosexualité humaine à celle des animaux, pour la justifier, est hors de contexte. D’abord parce que ces sexualités n’ont ni le même sens, ni la même portée. Ensuite parce qu’il me parait audacieux, sinon injurieux pour certains, de nous comparer à des animaux.

Un être humain pratique sa sexualité pour participer à un épanouissement personnel, en y obtenant si possible du plaisir, en sus de la volonté de procréer. Dans le cadre de l’animal, la notion du plaisir est beaucoup plus floue, et la manière de mesurer son épanouissement nous échappe largement. On ne parle donc pas de la même chose. L’homosexualité humaine permet de se réaliser à des personnes qui n’ont pas la même orientation que la normale (normalité au sens statistique). Elle ne permet en aucun cas d’assurer la survie de l’espèce.

A ce sujet, parler du droit de l’enfant par rapport au droit à l’enfant me parait délicat : rien ne prouve scientifiquement qu’un enfant élevé par deux mères ou deux pères y recevra moins d’amour. Il faut juste rester conscient qu’on ne lui a pas demandé son avis, ni dans un cas, ni dans l’autre. Cependant, l’argument consistant à prétendre que des parents moins « honorables » ont le droit à l’enfant me parait, lui aussi, hors de propos. C’est comme si l’on voulait justifier l’homosexualité d’un tigre parce que ces congénères ont bouffé une gazelle. Contrairement à la nature, la société punit déjà ce genre de comportements. Il y a donc des barrières légales et morales qui ont été érigées par nos sociétés. Débattre du manque de moyens mis à la disposition du droit dans ce but me parait être beaucoup plus constructif.

Ces éléments posés, reste à comparer deux attitudes. Celles des écologistes qui veulent que la nature soit la seule à dicter ses règles, quitte à fouler aux pieds l’épanouissement de « nous autres ». Vu les dégâts déjà causés à l’environnement par notre espèce, ce débat de fond est justifié. Mais alors peut-on prétendre à des exceptions, comme ces procréations assistées, qui ne font que satisfaire un désir égoïste (je le répète, on ne lui a pas demandé son avis…), sans aucun besoin naturel qui le sous-tend.

Et qu’en est-il de ces couples infertiles qui, eux, auraient droit à cette procréation assistée. Le problème est effectivement épineux. S’agit-il de compenser une faiblesse qui a probablement son origine dans les travers de notre vie moderne ? Le débat reste ouvert…

Néanmoins il me parait pour le moins tendancieux de prêcher dans les deux chapelles : l’écologie pure et dure et l’épanouissement personnel à tout prix. Mesdames, Messieurs, il va falloir choisir votre camp.  

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