19 juin 2021

Une écologie humaine

Anthropo … Quoi ? Eh oui, anthropomorphisme. Et ce n’est pas pour faire étalage de ma piètre culture, mais plutôt pour souligner une des dérives majeures de l’écologie d’aujourd’hui. Le terme d’humanisation est peut-être plus approprié. Notre image, très préfabriquée, du monde animal est essentiellement humaniste.

Combien de fois ai-je entendu des phrases comme « Ah s’il pouvait parler » ou bien « il comprend bien plus de choses que l’on veut bien croire » à propos de son chat ou de son chien. Et cela ne date pas d’hier. Un des influenceurs majeurs de ce mouvement au XXème siècle est Walt Disney lui-même. Qui d’entre nous n’a pas pleuré devant la tristesse de Bambi perdant sa mère par la faute d’un vilain chasseur ?

Ces sentiments sont nobles, parce qu’ils participent à notre prise de conscience. Nous sommes, au XXIème, plus sensibles aux problèmes écologiques que deux siècles auparavant, c’est sûr. Mais il faut savoir raison garder. Respecter la différence, c’est quelque chose que nous avons déjà de la peine à appliquer à nos semblables, à nos minorités, à nos conjoints. Alors le monde animal …Même mieux, certains écolos radicaux prétendent que, en l’absence de preuve scientifique, il faut laisser aux animaux le bénéfice du doute. Ils sont peut-être encore plus humains que nous …

Et c’est pourtant le nœud du problème. Les verts nous ont tellement influencé dans ce sens, qu’ils en ont changé le politiquement correct. Quelle horreur de faire souffrir un animal, quel manque de respect de considérer la nature comme une somme de ressources, etc. Pourtant personne ne culpabilise la mante religieuse de tuer son partenaire après l’acte. Personne ne fait la morale au lion pour s’être nourri d’une antilope. Personne ne reproche à Bambi d’avoir abîmé la forêt.

Désolé, mais je vais aller à contre-courant. La nature a en elle-même ses propres principes auto régulateurs. Elle n’a pas prévu de poubelle. Chacun de ses éléments pioche dans les ressources dont il a besoin. Chacun est un prédateur soumis à un autre prédateur (bizarre cette connotation négative). Et les déséquilibres les plus fondamentaux viennent justement de la disparition de certains prédateurs. Il s’agit donc de besoins.

Le mouvement végane se trompe quand il prétend ne pas avoir ce genre de besoins. Ce n’est pas parce que notre intelligence nous permet de combler certains manques par des substitutions que ce besoin n’existe pas. Se trompent aussi les antispécistes qui caillassent nos boucheries pour la défense d’un monde plus humain.

Et vous l’avez bien compris, il ne s’agit pas d’envies, mais de besoins. C’est là toute la différence. Et c’est là, mais là seulement, qu’intervient la morale. Chrétienne, humaniste ou autre, elle est destinée à réguler nos envies, pas nos besoins. Mais de grâce, ne projetez pas celles-ci sur la faune ou la flore. Contrairement à nous, l’intérêt de l’espèce ou de la race l’emportera toujours sur les individus. C’est peut-être le début d’une leçon … pour la protection du vivant.

Ne nous voilons pas la face. Notre attitude anthropocentriste a « consommé » la nature en la déformant depuis plus de 12’000 ans. La surpêche vide l’océan, le co2 réchauffe le climat, les bovins d’aujourd’hui sont le résultat de croisements dirigés par l’homme, etc. Mais maintenant que la prise de conscience s’est plus ou moins installée, passons aux choses sérieuses. Respectons la différence et ce qu’il nous a été donné de connaitre.

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